mardi 15 janvier 2008

Moi, moi et moi

Dans un petit salon soigneusement décoré, sur une jolie commode en bois foncé, gisait un magnifique cheval de crystal dont la cabrure reflétait un élan d’une force débordante et mal controlé.

Sur le rebord d’une fenêtre à proximité, dans un simple vase de verre transparant, sans autre ornement, se dressait une belle orchidée.

La lumière du soleil pénétrant par la fenêtre baignait intentionnellement la fleur et la figurine, et si la propriétaire avait tendue une oreille plus attentive vers ses précieuses possessions, elle aurait peut être pue saisir le dialogue qui se déroulait entre elles en ce moment même.

“Elle m’a choisie pour ma beauté probablement, mais cette beauté viens surtout de la force que je dégage!” souffla fièrement le cheval.

“Probablement…” répéta l’orchidée avec un léger sourire.

“Et toi?, insista le cheval, pourquoi penses-tu être sa favorite? Belle, tu l’es aussi sans doute, mais ta force ne te permet guère de dépasser les quelques jours de ton existance fragile!”

“Sans doute…” murmura la fleur avec un large sourire.

Après un long silence pendant lequel le cheval semblait briller de milles feux sous les rayons qui le caressaient, et tandis que l’orchidée se laissait agréablement bercée par ces mêmes rayons, toujours souriante, elle murmura à l’adresse de son interlocuteur:

“Il ne me reste justement plus très longtemps à vivre, mais de ces quelques jours d’existance j’aurait perçue de cette vie plus que tu n’en percevra jamais durant toute la longue existance qui te reste. Tu reflètes les rayons du soleil et tu te crois puissant de les rejeter mais tu ne sentira jamais le doux flux d’éveil que leur absorbtion procure. Dis moi cheval de crystal, es-tu vraiment aussi fier que tu veux le faire croire?”

Si la propriétaire avait tourné les yeux en leur direction à cet instant précis, elle aurait pue apercevoir la figurine de crystal palir inhabituellement.

“Je refuse un sentiment passager , je dénie la douleur que tu acceptes d’éprouver à chaque tomber de la nuit quand ces mêmes rayons t’abandonnent, je dénonce un flux qui me donne une impression de bonnheur pour m’hôter la vie par la suite, car ton destin est accéléré par cette même source de chaleur que tu bénis!”

la fleur soupira de compassion envers son compagnion qu’elle allait bientôt quitter et l’élan de ce dernier ressemblait maintenant plus à une cabrure de frayeur que de fierté.

L’orchidée se fana quelques jours plus tard et la jeune femme vint la remplacer, mais alors qu’elle frôlait la commode sur laquelle l’étalon reposait, elle crut entendre un profond soupir :

“Quelle douleur!…”

1 commentaire:

muse a dit…

very touching! it made me think about lots of things.